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Les produits de Val Bio Centre sont conditionnés et livrés par deux structures d’insertion partenaires situées à Blois et à Choisy-le-Roi, qui permettent le retour à l’emploi de personnes en difficulté socioprofessionnelle.

Creative Commons Licence Val Bio Centre

Agriculture durable et économie sur le long terme, circuits courts et chantiers d’insertion professionnelle, production artisanale et mutualisation des compétences : la filière du bio prospère en intégrant une dimension solidaire.

Depuis son origine, Val Bio Centre (VBC) s’efforce de conjuguer agriculture durable et économie solidaire. C’est là une dimension inhérente au projet, partenaire de sept jardins d’insertion et d’un Établissement et service d’aide par le travail (ÉSAT), tandis que la distribution de ses paniers bio (140 000 unités en 2015) est déléguée à deux structures d’Insertion par l’activité économique (IAE) : Bio-Solidaire, basée à Blois, qui s’occupe de la préparation, du conditionnement, de la livraison et de la gestion de clientèle ; et Val Bio Ile-de-France (Choisy-le-Roi), un chantier d’insertion pour personnes en difficultés socioprofessionnelles, créé en 2008 par l’association pour servir de plateforme de distribution sur Paris et sa région. Mais au-delà de cette dimension très opérationnelle d’aide sociale, c’est toute une aventure qui, depuis ses débuts, il y a presque vingt ans, a toujours joué le jeu des solidarités multiples…

L’agriculture bio, ça marche mieux en étant solidaire

À la fin des années 1990, l’agriculture biologique est certes en plein « boom » en France, mais pour de nombreuses exploitations, trop petites, la rentabilité n’est pas au rendez-vous. En péril faute de débouchés suffisants, des maraîchers et arboriculteurs de la région Centre se risquent alors à un changement d’approche global : substituer à la pure et simple concurrence une relation de partenariat profitant à tous. En 2000, une trentaine de producteurs s’organisent en association pour commercialiser en commun une partie de leurs récoltes. Les débuts sont difficiles. Après une première tentative infructueuse pour développer une activité de semi-grossiste, Val Bio Centre se réoriente vers la vente directe aux particuliers. En complément de son propre circuit de distribution, chaque producteur adhérent va ainsi bénéficier de deux nouvelles filières, quant à elles directes : les « Paniers du Val de Loire » et « Colis bio du Val de Loire ».

Créés en 2004, les « Paniers du Val de Loire » – qui possèdent un réseau de 200 points de dépôt sur Paris, l’Ile-de-France et le Loiret – proposent chaque semaine à leurs abonnés citadins une sélection de 4 kg de fruits et légumes de saison (prix hebdomadaire : 15,35 euros). Le système d’abonnements annuels prépayés (au nombre de 3 700 en 2015) assure des avances de trésorerie et permet de planifier à l’avance, et à des prix garantis, les volumes nécessaires. Le succès des paniers a encouragé la création d’un autre débouché, pour toute la production bio locale cette fois, assuré depuis 2012 par le site « Colis Bio du Val-de-Loire », qui livre en région parisienne ses produits artisanaux : jus de fruits, vins, confitures, terrines, etc.

Un succès social… et économique !

Renforcée depuis 2010 par la distribution vers les magasins bio locaux et les cantines scolaires, Val Bio Centre fédère en 2016 (soit à peine plus de quinze ans après sa création) 36 producteurs cultivant 331 hectares, générant en tout 276 emplois agricoles, dont 149 équivalents temps plein sur les sept jardins d’insertion. L’activité cumulée « Paniers » et « Colis Bio », en particulier, a permis à ce jour la création de 40 emplois, dont 11 permanents dans ces deux structures partenaires.

Bien au-delà de la perspective classique des AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), Val Bio Ile-de-France a lancé en 2015 un espace de maraîchage sur 8 hectares à Chennevières-sur-Marne. L’association a également développé au lycée horticole de Blois un espace test en maraîchage bio, qui sert de couveuse et prépare à l’installation de futurs producteurs. Grâce à des subventions de la Région, VBC investit aussi dans l’achat de serres, ensuite louées pour une acquisition en sept ans par les producteurs.

Jardins d’insertion et mutualisation des savoir-faire

Clés de la réussite ? La demande citadine bien sûr. La gestion « participative et démocratique (1 homme = 1 voix) » et des résultats réinvestis dans le collectif, également. Mais surtout, l’organisation en réseaux solidaires. À ses débuts, VBC a bénéficié de l’appui de Bio Centre, association d’accompagnement de la filière bio (mise à disposition à mi-temps d’une chargée de mission, ingénieure agricole, pour structurer le projet). Aujourd’hui plus que jamais, les producteurs adhérents s’investissent résolument dans la coopération technique : formations et mutualisation de savoir-faire, essais variétaux, plannings de production, fiches de références, soutien lors du démarrage, etc. Enfin, le partenariat entre maraîchers et jardins d’insertion a créé une dynamique de développement de toute la filière maraîchage bio, là où les producteurs sont trop souvent isolés. Et, en retour, les jardins d’insertion sont devenus pérennes. 

D’un montant modeste, les subventions publiques ont aidé à lancer l’activité : investissements lourds incontournables et embauches de personnels permanents compétents. Les reins désormais solides, Val Bio Centre s’est lancée dans la coopération à l’échelon national avec CohéFlor Bio, qui fédère cinq groupements de producteurs de fruits et légumes bio de différentes régions françaises.