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Cette main articulée a un coût de production entre 20 et 50 euros. Elle est gratuite pour les utilisateurs.

All rights reserved. Thierry Oquidam

En 2013, e-Nable, un réseau solidaire, se crée aux États-Unis. Il permet à des enfants du monde entier d’obtenir, pour un coût dérisoire grâce à l’impression 3D, un appareil d’assistance faisant office de main.

C’est une première en France : Maxence, un petit garçon de sept ans, reçoit en août 2015 une main droite fabriquée entièrement avec une imprimante 3D. Thierry Oquidam, informaticien de formation et membre bénévole du réseau associatif international e-Nable, l’a conçue pour seulement 50 euros. De quoi redonner bien des espoirs.

Les mains 3D de l’association e-Nable

L’association e-Nable met en contact des particuliers équipés d’une imprimante 3D avec des enfants ou des adultes nés sans main ou à qui il manque des doigts. Les plans des prothèses sont remis par le réseau aux bénévoles qui en font une mise à l’échelle précise avant de l’imprimer. Les mains 3D sont volontairement faciles d’utilisation. L’appareil s’enfile comme un gant et s’attache avec du Velcro. Une simple flexion du poignet permet aux doigts de se refermer et de saisir un objet. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un équipement médical au sens strict du terme, mais d’une extension qui améliore, indéniablement, la vie de ses utilisateurs.

En 2016, 8 300 bénévoles du monde entier constituent le réseau. Depuis le début de l’aventure, 2 000 prothèses ont déjà été fabriquées et offertes à des enfants répartis dans plus de 45 pays. e-Nable a mis en place une carte Google qui permet aux volontaires de s’identifier géographiquement, ce qui facilite les mises en relation avec les bénéficiaires.

L’histoire de l’ingénieur Ivan Owen et sa main articulée en métal

Tout a commencé en 2011 : Ivan Owen, ingénieur vivant dans l’État de Washington aux États-Unis, crée une main articulée en métal pour une conférence, puis poste une vidéo explicative sur le site de partage YouTube. Très rapidement, il est contacté par Richard, un charpentier sud-africain qui a perdu ses doigts lors d’un accident de travail. Puis par la mère d’un petit garçon de cinq ans né avec une déformation à la main droite. Ce seront les premiers participants de ce futur réseau « alternatif », qui depuis ne cesse d’essaimer et de permettre à d’autres de s’approprier ces trouvailles. « To enable » signifie « permettre » en français.

Après quelques recherches, Ivan Owen met au point une main plus fonctionnelle en s’inspirant des travaux du dentiste australien Dr Robert Norman, qui avait créé une prothèse de main au début du XIXe siècle. Une fois le prototype réalisé, il se rapproche d’une entreprise spécialisée dans l’impression 3D. Ensemble, ils fabriquent la première main mécanique entièrement réalisée selon cette méthode. Les plans sont ensuite mis en open source et une nouvelle vidéo est produite pour permettre à tous de s‘approprier cette nouvelle technologie.

Le projet e-Nable au cœur de la philosophie des makers

En juillet 2013, Jon Schull, professeur au Rochester Institute of Technology (RIT), découvre la vidéo de cette innovation. Remarquant les commentaires des internautes proposant de mettre leurs imprimantes 3D à disposition, il décide de créer un groupe Google+ et invite les volontaires à se rassembler. Le réseau e-Nable est ainsi né.

Depuis ses débuts, il ne cesse de s’étendre, notamment en France où l’association loi 1901 e-Nable France voit le jour fin 2015. Régulièrement, les volontaires organisent des évènements de sensibilisation ; ils participent pour la première fois au salon des makers, la Maker Faire Paris, en mai 2015. Les makers prônent le « Faire soi-même » grâce aux nouvelles technologies : une philosophie en phase avec le projet e-Nable, qui a tout pour se développer dans les années à venir. 

 

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Depuis Maxence, en 2015, d’autres enfants français ont pu profiter des prothèses créées par imprimantes 3D via le réseau e-Nable.

All rights reserved. Thierry Oquidam

Pour en savoir plus

Quelques données en plus: 

50 euros
8 300 bénévoles
2 000 prothèses
45 pays